Ecole de Tourisme de Bac à Bac+5

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Les influenceurs « voyage » révolutionnent-ils l’industrie touristique ?

Au fur et à mesure que les médias sociaux s’incrustent dans notre quotidien, le marketing d’influence se développe à pas de géant. En effet, avant d’acheter un produit touristique ou de décider sur sa prochaine destinations, les consommateurs se réfèrent quasi-systématiquement à Instagram, à Twitter, aux différents blogs de voyage et aux Youtubeurs à succès. Focus sur ce nouveau métier qui fait rêver avec IEFT !

Influenceur « voyage » : une charge de travail non négligeable

Un influenceur « voyage » est une personnalité du web qui justifie d’une audience plus ou moins large auprès de laquelle il diffuse des récits et des comptes-rendus de voyage, des bons plans, des conseils, etc. Il est rémunéré pour recommander des destinations ou des prestataires (restaurants, centres de loisirs, établissements d’hébergement, etc.). Ce métier en fait rêver plus d’un de par la célébrité qu’il peut conférer et de son côté prétendument « autodidacte », car il n’existe aucune formation spécifique à la profession. En réalité, il s’agit d’un métier qui implique une énorme charge de travail, notamment au niveau de la prospection et de l’image. Nicolas de Dianous, directeur associé chez We Like Travel (agence de communication spécialisée dans le voyage), explique : « Je ne connais aucun blogueur bien placé qui ne soit pas talentueux ; ceux qui percent aujourd’hui, ce sont ceux qui bossent dur ». Il ne faut pas perdre de vue l’investissement parfois lourd qu’il faut concéder pour espérer réussir. Avant d’acquérir une certaine notoriété, les influenceurs en herbe doivent acquérir du matériel audiovisuel professionnel, se former en la matière (ou recruter), écrire et travailler leur image sans aucune garantie de retour sur investissement. Bruno Maltor, influenceur « voyage » âgé de 26 ans, explique avoir investi 20 000 € pour le matériel.

En évoquant son parcours, cette nouvelle star qui compte 178,5k abonnés sur Instagram, et qui a refusé un CDI chez TF1 pour se consacrer à sa passion, explique : « Ça fait trois ans que j’en vis, mais j’ai beaucoup travaillé pour en arriver là. C’est entre dix et onze heures de boulot au quotidien, entre le tournage, le montage, l’écriture… et répondre à mes abonnés m’occupe une à deux heures par jour. Alors c’est vrai, j’ai un des meilleurs jobs du monde, mais il est ultra-exigeant ».

Avant de choisir leurs destinations, 82% des voyageurs se réfèrent aux avis d’influenceurs

Constatant que les résultats obtenus grâce à ce type d’action marketing dépassent largement leurs attentes, les établissements hôteliers et les autres acteurs de l’industrie touristique ont décidé de prendre des initiatives. Ils n’attendent plus que les influenceurs leur fassent des propositions, mais adoptent désormais une approche proactive en traquant les profils les plus en vue. On sait que 82% des voyageurs suivent les blogs de voyage ou des influenceurs  sur les médias sociaux. Cette tendance s’explique par le fait que la plupart des consommateurs font confiance aux opinions des influenceurs par rapport aux communications « corporate ».

Seulement 14% des influenceurs « voyage » gagnent plus 5 000 euros par an

Chaque année, la plateforme de liaison entre les marques et les influenceurs REECH établit un rapport concernant le marketing d’influence et ses principaux acteurs. Ainsi, la dernière édition du rapport révèle que 37,5% des influenceurs français se consacrent au tourisme. Aussi, 42,9% de ces nouvelles stars préfèrent publier leur contenu sur Instagram en raison de sa simplicité et du poids accordé à l’image. Paradoxalement, 71,7% des entreprises interrogées préfèrent le média « blog » pour promouvoir leurs produits. Cette même synthèse a conclu dans son édition 2018 que 63% des partenariats conclus entre des enseignes et des influenceurs toutes catégories confondues, n’ont pas été rémunérées, et que 86% des influenceurs français gagnent moins de 5 000 euros par an… de quoi dissiper cette image idyllique que beaucoup d’étudiants se font sur ce métier. Pour faire carrière, il faut donc s’armer de patience et être prêt à faire des concessions.