IEFT Montpellier : Eductour autour du tourisme durable et inclusif en Catalogne

Campus de Montpellier
23/09/2026
Du 8 au 11 septembre, un groupe d'étudiants de M1 de l'IEFT Montpellier s'est rendu à Barcelone pour un eductour consacré au tourisme durable et inclusif, avec un focus particulier sur l'accessibilité aux personnes en situation de handicap. 
Quatre jours entre musées, hébergement responsable et rencontres institutionnelles, pour comprendre comment une destination touristique majeure s'organise pour accueillir tous les publics.

Qu'est-ce que l'Eductour IEFT ?

À l'IEFT, l'eductour se résume comme un voyage d'immersion durant lequel les apprenants organisent en toute autonomie leur séjour. Sur place, ils doivent rencontrer des partenaires dans chacune des 6 grandes filières du tourisme, tester des prestations et en analyser la commercialisation, et négocier certains avantages : une mise en situation grandeur nature avant l'entrée dans la vie active.
Ce déplacement s'inscrit dans les temps forts pédagogiques qui rythment le parcours des étudiants de l'IEFT, du BTS Tourisme jusqu'au Bac+5. Ces expériences immersives permettent aux apprenants de confronter leurs connaissances théoriques à des situations réelles du secteur, tout en développant des compétences opérationnelles — gestion de projet, relation professionnelle, analyse terrain — directement mobilisables en entreprise.

Une problématique double : durabilité et accessibilité

Pour cet eductour, les étudiants avaient choisi d'explorer deux enjeux : le tourisme durable et l'accessibilité aux personnes en situation de handicap. Deux sujets qui obligent les acteurs du secteur à repenser leurs pratiques bien au-delà de l'aménagement physique des lieux — de la gestion énergétique d'un hébergement à l'information transmise aux visiteurs en amont de leur séjour.
 
Concrètement, ces deux enjeux se traduisent différemment selon les filières du tourisme. 
Dans l'hébergement, la durabilité passe par l'efficacité énergétique, la gestion de l'eau ou les certifications environnementales, tandis que l'accessibilité implique des chambres adaptées, mais aussi un personnel formé à l'accueil de publics aux besoins spécifiques. 
Dans les transports, il s'agit à la fois de proposer des mobilités douces ou bas carbone — comme le vélo, expérimenté par les étudiants dès leur premier jour — et de garantir l'accès aux véhicules pour les personnes à mobilité réduite. Le secteur des loisirs et activités touristiques doit quant à lui composer avec la fréquentation des sites naturels ou patrimoniaux sans les dégrader, tout en imaginant des formats capables d'inclure des visiteurs en situation de handicap sensoriel ou moteur — audiodescription, supports en braille ou expériences pensées pour d'autres sens que la vue, à l'image de ce que les étudiants ont pu observer au CCCB et au White Rabbit. 
Enfin, les offices de tourisme et institutions, en première ligne de l'information touristique, jouent un rôle pivot : ce sont souvent eux qui centralisent et diffusent les données d'accessibilité indispensables à la préparation d'un séjour, bien avant l'arrivée du voyageur sur place.
Direction Barcelone pour observer les actions concrètes mises en place dans la capitale catalane. 

Jour 1 : Excursion en vélo bambou et office de tourisme

Le séjour a débuté par une excursion de deux heures en bamboo bikes à travers Barcelone — une manière de découvrir la ville par une mobilité douce et originale, en cohérence directe avec la thématique durabilité de cet eductour. Le vélo en bambou, matériau naturel et renouvelable, illustre bien comment le secteur des activités touristiques peut lui aussi s'emparer des enjeux environnementaux.
Cette balade s'est prolongée par une visite à l'Oficina de Turisme de Catalunya – Palau de Mar, où le groupe a été reçu par Pablo Ortega Novillo et Mar Gil Cruz. L'échange a permis de faire le tour des mesures mises en place par l'office pour rendre l'expérience touristique accessible à tous types de handicap.
Ce qui ressort surtout de cette rencontre : l'accessibilité ne se limite pas à l'aménagement des espaces. Elle passe aussi par l'information, l'accompagnement, les outils adaptés et la prise en compte des besoins spécifiques de chaque visiteur.

Jour 2 : des musées pensés pour tous les publics

Le deuxième jour a été consacré à la visite de deux lieux culturels aux approches bien différentes de l'accessibilité.
Au CCCB (Centre de Cultura Contemporània de Barcelona), les étudiants ont pu découvrir les dispositifs mis en place pour les visiteurs sourds ou malentendants et malvoyants : audiodescription des œuvres et guides en braille figurent parmi les outils déployés pour que la visite ne dépende pas uniquement de la vue ou de l'ouïe.
Direction ensuite le White Rabbit, un musée hors norme qui mise sur l'immersion sensorielle : art, technologie et installations interactives s'y combinent pour proposer une expérience qui sollicite tous les sens plutôt qu'un simple parcours d'observation. Une approche qui, sans être pensée exclusivement pour le handicap, illustre bien comment le sensoriel peut devenir un vecteur d'accessibilité.
La journée s'est achevée sur une note plus culturelle avec un spectacle de flamenco à la Casa de Flamenco — histoire de conjuguer travail et découverte du patrimoine. 

Jour 3 : l'hébergement durable chez le leader local

Le point fort du troisième jour a été la visite du Twenty Tú Hostel, référence en matière d'auberge de jeunesse durable à Barcelone. Premier hostel au monde à avoir obtenu la certification Biosphere Responsible Tourism, l'établissement a mis en place de nombreuses mesures d'efficacité énergétique : système de chauffage récupérant l'énergie de l'incinérateur voisin, automatisation des chambres entre chaque client, minuteurs sur les douches pour limiter la consommation d'eau, éclairage LED... 
Autant de choix concrets qui traduisent, à l'échelle d'un hébergement, souvent vu comme une option abordable pour une clientèle jeune, ce que peut signifier "tourisme durable" au-delà du simple argument marketing.

La carte REAJ

Dans la logique de l'eductour — tester et négocier des prestations plutôt que se contenter de les observer — les étudiants ont également déniché, négocié et mis à l'épreuve la carte de réduction proposée par la REAJ (le réseau espagnol des auberges de jeunesse). 
Cette carte donne accès à des avantages sur plusieurs postes de dépense essentiels pour un voyageur : réductions sur l'hébergement en auberge de jeunesse, sur certains trajets en bus (notamment via Flixbus), et sur la réservation de casiers pour déposer ses bagages avant l'heure du check-in — un détail pratique, mais qui change concrètement l'organisation d'une journée de visite.

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